La Coordination nationale de l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) s’est rendue, ce lundi 19 octobre 2026, à l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo pour y déposer un mémorandum dénonçant les informations faisant état de perquisitions présumées dans des résidences attribuées au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et à certains membres de sa famille. Le document a été réceptionné par la représentation diplomatique belge, qui a pris acte de la démarche et indiqué qu’il serait transmis aux autorités compétentes pour examen.
Cette démarche intervient trois jours après la déclaration faite à la presse, vendredi 16 octobre, par le collectif des avocats-conseils de l’ANVC, annonçant des initiatives judiciaires et diplomatiques contre ce que l’organisation considère comme des atteintes aux principes du droit international et à la dignité des institutions congolaises.
À travers ce mémorandum, l’association entend porter officiellement ses préoccupations à la connaissance des autorités belges, après la diffusion d’informations relatives à des opérations de perquisition qui auraient été menées dans des propriétés présentées comme appartenant au chef de l’État congolais et à ses proches.
Selon les informations communiquées à l’issue de cette démarche, les représentants de l’ambassade de Belgique ont accusé réception du mémorandum et pris acte des préoccupations exprimées par la délégation de l’ANVC. Ils ont également fait savoir que le document serait transmis à qui de droit, conformément aux procédures diplomatiques en vigueur.
Cette réponse marque une première étape dans le traitement administratif de la correspondance adressée à la représentation diplomatique belge. Elle ne constitue toutefois ni une reconnaissance des faits dénoncés ni une prise de position officielle de la Belgique sur les accusations formulées par l’association.
Pour l’ANVC, la réception du mémorandum représente néanmoins une avancée dans ses démarches visant à obtenir des clarifications sur les informations à l’origine de cette controverse. L’organisation souhaite notamment que les autorités belges examinent les préoccupations soulevées et apportent les éclaircissements nécessaires sur les circonstances des opérations évoquées.
L’association estime que ces informations soulèvent des interrogations sur le respect des engagements internationaux de la Belgique, particulièrement en matière de relations diplomatiques et de protection des institutions représentant les États souverains.
Dans son argumentation juridique, l’organisation invoque notamment l’article 22 de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, qui consacre l’inviolabilité des locaux des missions diplomatiques.
Cette disposition protège toutefois les locaux bénéficiant effectivement du statut diplomatique et ne s’applique pas automatiquement aux résidences privées d’un chef d’État ou des membres de sa famille. La qualification juridique des propriétés concernées demeure donc un élément essentiel pour apprécier la portée des accusations formulées.
Selon le collectif des avocats-conseils de l’ANVC, les informations diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux seraient également susceptibles de porter atteinte à l’honneur et à la dignité du président de la République ainsi qu’à l’image des institutions congolaises.
Le dépôt de ce mémorandum constitue une nouvelle étape dans les démarches engagées par l’association, qui avait annoncé, le 16 octobre dernier, son intention d’entreprendre plusieurs actions sur les plans judiciaire et diplomatique.
Parmi les initiatives envisagées figure le dépôt d’une plainte contre les personnes physiques ou morales que l’organisation estime responsables de la diffusion d’informations préjudiciables mettant nommément en cause le président Félix Tshisekedi.
L’ANVC prévoit également de saisir le secrétaire général des Nations unies pour lui faire part de ses préoccupations concernant les faits dénoncés et leurs éventuelles implications au regard du droit international.
L’organisation avait aussi annoncé son intention de porter l’affaire devant la Cour internationale de Justice (CIJ). Une telle procédure reste néanmoins soumise aux conditions de compétence et de saisine de cette juridiction, devant laquelle seuls les États peuvent être parties aux affaires contentieuses.
Parallèlement, l’association envisage des consultations avec les autorités congolaises, notamment le ministre de la Justice et garde des Sceaux ainsi que le ministre d’État chargé des Affaires étrangères, afin d’examiner les mécanismes diplomatiques et judiciaires susceptibles d’être mobilisés.
La démarche effectuée ce lundi auprès de la représentation diplomatique belge traduit ainsi la volonté de l’ANVC de donner une suite concrète aux engagements annoncés lors de sa précédente déclaration publique.
La transmission annoncée du mémorandum aux autorités compétentes ouvre désormais la voie à un éventuel examen des préoccupations soulevées par l’association. Il reste cependant à déterminer si cette correspondance donnera lieu à une réponse officielle des autorités belges et quelles suites pourraient être réservées aux demandes formulées.
Félix Mulumba | Actu-Service.net
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